30 avril 2021

Comment trouver l’inspiration (et la garder) ?

Les artistes et les créateurs fascinent souvent le grand public par leur imagination. Mais où trouvent-ils toute cette inspiration ? L’angoisse la plus stressante d’un écrivain est certainement le syndrome de la page blanche. Il est évidemment terriblement frustrant de se préparer à écrire, et au moment fatidique, le blanc, le vide. Rien. Comme si le cerveau ne répondait plus. Mais il existe heureusement des techniques et de moyens qui vous permettront de ne jamais y être confronté.

A/ Trouver sa muse

La muse Clio par Mignard inspire les poètes
La muse Clio par Mignard inspire les poètes

Comme nous l’avons détaillé dans « les genres littéraires », il y aurait, un voir, plusieurs esprits qui serviraient d’intermédiaire entre les hommes et les dieux. Chaque muse étant affectée à un domaine précis, leur contact permettrait d’être inspiré. Si la relation des créateurs avec le monde des esprits n’est pas à démontrer, leur relation avec le Créateur n’est pas seulement nominale.

Dans ce même article, je faisais remarquer que la poésie est souvent en lien avec le sacré. Mais on pourrait dire la même chose de toute création et de l’écriture en général. L’écriture a quelque chose de magique, car elle créée des mondes, des personnages, qui prennent vie en quelque sorte. Pas autant que dans un film où les histoires sont incarnées par des acteurs en chair et en os. Mais le processus est le même. D’ailleurs de nombreux romans ont servi de point de départ à de superbes adaptations. Sans compter qu’un film avant d’être tourné, il est écrit… sous forme de scénario.

B/ Trouver l’inspiration à chaque stade du processus créatif.

Comme nous l’avons dans les étapes d’écriture d’un roman, il faut bien distinguer les différents stades d’écriture. Il y a des stades créatifs, où l’on doit donner libre cours à son imagination, puis des stades de relecture et de tri, où c’est la partie analytique qui va fonctionner. Et il faut bien comprendre que l’on ne peut pas effectuer les deux tâches en même temps. C’est pourquoi, par exmple, un premier jet d’écriture n’est jamais parfait, mais fournit une première base de travail.

Mais par contre, il faut donc TOUT s’autoriser lorsque l’on est dans les phases créatrices. Pour deux raisons : l’inspiration est comme un muscle et comme un enfant. Comme un muscle, c’est-à-dire qu’elle a besoin d’entraînement, et comme un enfant, c’est qu’elle a besoin d’être libre pour expérimenter, et surtout aussi de pouvoir s’amuser. Trop brider l’imagination, c’est l’empêcher de sortir et de s’exprimer. Malheureusement, notre modèle éducatif n’aide pas à se sentir légitime à s’exprimer librement quel que soit d’ailleurs le mode d’expression.

1°/ Trouver l’inspiration au niveau des idées :

Toutes les idées peuvent servir de base à l’écriture d’un roman. Et ce n’est pas cela qui manque, les idées sont partout, dans la vie, dans les livres, dans les films, dans l’actualité, sur internet… En fait, tout peut servir de déclencheur à ce formidable outil qu’est notre cerveau, quand on sait s’en servir et le canaliser. Ainsi, toute idée peut servir de base de départ à un roman. Mais comme nous l’avons vu dans « les 7 étapes d’écriture », les idées ne sont que la matière première, à partir de laquelle il va falloir construire, et élaborer son récit.

Par contre, cette précieuse matière première est extrêmement volatile. Comme elles ne nous appartiennent pas, aussi bien dans la réalité que légalement, elles ont tendance parfois à nous visiter et à nous échapper. C’est pourquoi il est indispensable de noter ces idées au moment où elles apparaissent : carnet, bloc-note, dictaphone, appli de notes ou d’enregistrement. Tous les moyens sont bons.

2°/ Trouver l’inspiration dans des recherches contextuelles,

Puis ces idées vont être travaillées, organisées autour d’un personnage et de ses objectifs pour donner un premier brouillon de synopsis de quelques pages.

Une fois que le traitement et les prémisses sont établis, il peut être intéressant d’effectuer des recherches dans le domaine, le sujet, l’époque, la psychologique, le décor, etc. dans lequel nous voulons construire notre intrigue. C’est évidemment une recherche qui va nourrir notre écriture, mais qui peut elle-même être source d’inspiration et venir renforcer les personnages et préciser l’intrigue. À titre d’exemple, une bonne connaissance de la science forensique et des méthodes de la police scientifique va non seulement renforcer la crédibilité et le sentiment de réalité dans un roman policier, mais elle peut même devenir un fil conducteur de l’enquête et par conséquent de la narration.

3°/ Trouver l’inspiration pour écrire.

a) L’inspiration se prépare

Avant de se lancer dans la rédaction, il est conseillé de construire une trame précise de la narration. Justement pour ne pas se trouver en panne d’inspiration. Ensuite, avant de commencer une scène, il est important de se rappeler précisément l’objectif du personnage principal, la place et l’intérêt de cette scène dans le déroulement complet de l’intrigue, puis le début et la fin de la scène. Cela en facilite la rédaction.

b) La visualisation

Une fois que tout cela est mis en place, la technique la plus simple, c’est tout simplement de visualiser la scène. De se mettre dans la peau du personnage, comme si nous étions un comédien, ou un réalisateur (ou les deux) et que nous devions interpréter et filmer tout cela. Évidemment, en fonction de sa personnalité, on va privilégier un sens plutôt qu’un autre. Mais ce qui est important est de se demander notre personnage va faire dans telle ou telle situation, comment va-t-il réagir en fonction de sa personnalité, du décor, des moyens qu’il a à sa disposition, etc.

c) La méditation et la respiration

La méditation n’est pas en soi une technique de créativité, mais elle prépare l’esprit à un état de réceptivité et de disponibilité nécessaires au processus créatif. Personnellement, je considère mon écriture comme un prolongement direct de la méditation.

D’autre part, pendant la méditation, on se concentre sur la respiration. Et il est évident que la respiration est directement liée au processus créatif, et réciproquement, puisque nous parlons bien d’inspiration. En terme de respiration, l’inspiration est bien le moment où nous inspirons l’air extérieur pour nous en nourrir. Mais les artistes n’inspirent pas que du CO², ils inspirent aussi des idées qui leur viennent et qui traînent dans l’univers mental et/ou énergétique qui les entoure.

d) Le demi-sommeil

Très proche de la méditation, un des moyens de trouver cette inspiration est une technique de veille éveillée, ou de demi-sommeil. Cela peut paraître paradoxal, mais le meilleur moyen de visualiser une scène est de fermer les yeux.

4°/ Comment ne jamais être en panne d’inspiration ?

Brainstorming - Image par GraphicMama-team de Pixabay
Brainstorming – Image par GraphicMama-team de Pixabay

Que ce soit pour débloquer sa créativité, quand on rencontre un blocage ou tout simplement pour trouver des idées, il existe également toute une série de truc, de techniques ou d’exercices qui peuvent être intéressants, à titre préparatoires, routiniers, ou d’entraînement.

a/ Brainstorming

Il est possible de faire venir les idées de manière plus volontaire en se torturant les méninges. C’est ce qui s’appelle le brainstorming. Mais attention, le cerveau est un muscle capricieux, et quand si on lui demande simplement : donne-moi une idée, il peut facilement se trouver pris au dépourvu. Il faut toujours traiter son cerveau créatif avec douceur. Ce n’est pas une machine et aucune machine ne peut encore le remplacer.

D’ailleurs, c’est parfois quand on ne le sollicite pas, que les idées émergent. Elles surgissent ainsi subrepticement dans les moments et les situations où l’on s’y attend le moins : dans sa baignoire comme Euclide ou sous un pommier comme Newton que les meilleures idées nous viennent. Car le cerveau créatif fonctionne en tâche de fond, derrière les autres tâches du quotidien.

b) La carte mentale

La carte mentale ou mind-mapping est une manière de noter ses idées non pas en ligne, mais en arborescence. Elle permet d’être plus créatif, et de ne pas être obligé de s’inscrire dans un système de pensée linéaire. Même si le roman l’est par définition (mis à part les romans dont vous êtes le héros, où c’est le lecteur lui-même qui choisit l’ordre dans lequel il va lire -ou non – les chapitres).

Une carte mentale peut être faite directement sur une feuille de papier. On note une idée de base, puis on la rattache à ce qu’elle nous évoque. Ce processus est utilisé par exemple sur l’excellent site de Crisco, le dictionnaire des synonymes.

Des outils gratuits de mind-mapping existent également et permettent de sauvegarder nos séances de brainstorming de manière propres et visuelles.

c) Prendre du recul

Malgré tout cela, des blocages peuvent survenir, et c’est parfaitement normal. Dans ce cas, c’est souvent qu’il y a un problème de narration qui n’a pas été résolu. Mais il est important de pouvoir prendre un peu de recul. Pas toujours évident. Mais parfois, sortir et prendre l’air, changer de lieu pour travailler pour permettre de changer de point de vue.

d) Bien se connaître

Encore une fois, nous ne sommes pas des machines. Il faut arriver à reconnaître et à admettre nos limites. La création demande de la concentration. Certains préfèrent écrire à certaines heures, et seront limités à un temps de travail créatif dans la journée, réservant le reste pour d’autres tâches. Que ce soit en terme de capacité de travail, de type de création, etc. En connaissant parfaitement ce dont on est capable, on sait jusqu’où l’on peut aller. L’idéal étant de se fixer un objectif un tout petit peu plus ambitieux que ce dont on est capable.

e) Participer à des concours, des marathons ou des ateliers d’écriture.

Autant les marathons d’écriture et autres défis ne sont pas forcément le contexte idéal pour aboutir à un projet d’écriture. Autant, ils peuvent être de bons exercices pour s’entraîner et pour débloquer sa créativité.

L’imagination et la créativité se développent, se travaillent, s’entretiennent. Pour cela, il faut commencer par se faire confiance et aussi s’autoriser à faire des erreurs.

Et vous, quelles sont vos techniques pour nourrir et entretenir votre inspiration et ne jamais être à court d’idées ?

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