15 juillet 2021

Objectif : être lu

Le processus d’écriture d’un roman s’étire en général sur plusieurs semaines ou plusieurs mois voire même sur plusieurs années. À tel point que l’on perd parfois de vue l’essentiel. Car l’objectif final d’un roman est d’être lu. Par contre plusieurs motivations peuvent se cacher et s’entrecroiser derrière cette volonté, au point que les stratégies pour être lu peuvent se révéler différentes en fonction de l’objectif recherché.

A/ Les différentes motivations pour être lu :

Nous avons déjà vu les motivations pour écrire un roman, qui recoupent celles pour être lu, mais pas complètement. Comme nous l’avons vu, il est tout à fait possible d’écrire pour soi, sans aucune volonté de publication au plus grand nombre. De la même manière que certains peuvent pratiquer la peinture ou la musique. L’écriture de roman peut très bien se cantonner à un occupation artistique de loisir. Bien que cela ne soit pas encore rentré dans les mœurs et dans les esprits. À quand des écoles d’écriture jouxtant les conservatoires de théâtre, de danse et de musique ? On peut toujours rêver ! Surtout par les temps qui courent !

Mais ce n’est pas le sujet de cet article. Nous avons donc vu que plusieurs motivations peuvent donner envie d’écrire et d’être lu :

1/ être lu pour faire passer un message ou des émotions

Que l’histoire racontée soit de la fiction ou une autobiographie, l’auteur estime que son propos ou son expérience est suffisamment singulière pour intéresser des lecteurs. Soit parce qu’elle parle d’un problème qu’il a réussi surmonter, soit parce que l’histoire racontée va pouvoir intéresser le plus grand nombre.

2/ être lu pour vivre de sa plume

Nous avons vu que devenir écrivain et vivre de sa plume n’est pas aisé. En dehors du travail que cela représente, il faut bien admettre qu’il va falloir réunir un certain nombre de conditions pour y arriver. En dehors de celui de romancier, plusieurs métiers permettent également de vivre de l’écriture, notamment sur le web comme rédacteur web, copywriter.

3/ être lu pour améliorer son écriture avant de passer aux points 1 et 2

Avant de diffuser son chef d’œuvre, voire même de l’envoyer à un éditeur, il est indispensable de le relire, mais surtout de le faire relire. Le choix des premiers lecteurs reste délicats. Leurs conseils peuvent se révéler extrêmement précieux, ou destructeurs. Car ils influencent grandement la direction que va prendre le roman et sa propre écriture : nouvelles versions, améliorations, ou parfois aussi, malheureusement abandon.

En fonction des attentes différentes, il est évident que les moyens utilisés seront là aussi différents.

B/ Comment faire pour être lu et édité ?

1/ Se faire éditer par une maison d’édition

Il s’agit évidemment de la voie royale. Mais là aussi, les cas de figure peuvent être extrêmement variés. Car il existe toutes sortes de maisons d’éditions. Et que dans une même maison, les auteurs et les ouvrages ne sont pas toujours traités de la même manière.

Par exemple et sauf cas rarissimes, un premier roman est rarement tiré à des milliers d’exemplaires. En tout cas pur un premier tirage.

Quand nous étudierons les facteurs de succès d’un livre, nous verrons tous les moyens qu’il faut employer à la sortie d’un livre.

Mais le rôle de l’éditeur ne se limite pas à accompagner la sortie. Il doit tout d’abord jouer le rôle de conseiller éditorial, et aider l’auteur à finaliser son œuvre. Puis, il va normalement apporter des outils professionnels de relecture, de mise en page et d’impression.

Ensuite, seulement vient toute la machine autour de la sortie du livre lui-même : marketing, publicité, contact avec les libraires, etc.

Les éditeurs sont divers et variés, et il n’est pas facile de savoir à qui envoyer son manuscrit. Mais ce sera l’objet d’un prochain article, qui mérite un développement spécifique.

Ce qu’il faut déjà bien noter, c’est que le roman ne représente que 22 % du chiffre d’affaires total de l’édition, mais quand même 25 % du nombre d’exemplaires vendus (source : SNE, enquête de branche, échantillon 2017). Ce qui montre un attrait certain du public pour le roman, tout en mettant en avant le fait que cela ne présente qu’une faible portion de la totalité de l’édition, et donc des éditeurs.

Néanmoins, on peut distinguer deux grandes familles d’éditeurs :

a) les éditeurs à compte d’éditeur

Ce sont les éditions classiques. En un mot, ce sont ceux qui prennent en charge tous les frais d’éditions. Car éditer un livre coûte cher et demande du temps et du travail. Il faut bien reconnaître que c’est un investissement à haut risque, car les éditeurs font un pari sur la diffusion des livres qu’ils prennent et rien ne peut les assurer de récupérer les sommes investies. En conséquence, ils ne peuvent se permettre de prendre trop de risque financier, et donc de s’engager sur des sujets, voire des ouvrages difficiles. Et un premier roman reste par définition un ouvrage difficile. Il ne faut pas leur jeter la pierre. Ce n’est pas entièrement de leur faute.

b) les éditions à compte d’auteur

Contrairement aux éditions à compte d’éditeur, les éditions à compte d’auteur vont facturer à l’auteur les prestations qu’ils réalisent. Leur client devient ainsi l’auteur lui-même, et non le lecteur. La qualité de l’ouvrage importe moins, mais plutôt la solvabilité de l’auteur. Cette distinction n’est pas forcément aussi tranchée que cela. Certains éditeurs peuvent très bien proposer des contrats à compte d’auteur, à côté de contrat à compte d’éditeur. C’est pourquoi il faut être particulièrement vigilant en signant un contrat et bien savoir à quoi l’on s’engage.

Les éditions à compte d’auteur ne sont pas forcément une mauvaise option. Car elles peuvent apporter un certain savoir faire et un réseau. Ce qui n’est pas à négliger. Mais il faut bien avoir conscience que l’investissement et la prise de risque restent celle de l’auteur.

2/ Éditer son livre en autoédition.

L’auto-édition rentre aussi dans la catégorie du compte d’auteur, mais sans éditeur, c’est-à-dire sans soutien. Car en plus de faire tous les investissements, à moindre coût, certes, l’auteur reste isolé pour faire toutes les démarches.

Cela signifie cependant qu’il cumule tous les rôles de la maison d’édition que nous venons de voir. Sachant que l’auteur, encore plus quand il débute, ne peut se prétendre spécialiste dans tous ces secteurs à la fois. Il va falloir cependant devoir à la fois se former et cumuler tous les postes. Avec tout ce que cela représente d’investissements.

Cette forme d’édition séduit de plus en plus d’auteurs puisque 1 livre sur 5 inscrit au dépôt légal relève de l’auto-édition. Nous en détaillerons les avantages et les inconvénients dans un prochain article.

Nous reviendrons dans cette catégorie sur toute la problématique et toutes les étapes nécessaire et indispensables pour se faire éditer.

C/ Comment se faire relire ?

Comme nous l’avons vu, l’étape de la relecture reste incontournable pour pouvoir aboutir son roman. Il n’est pas toujours facile, voire même très difficile d’avoir suffisamment de recul sur sa propre écriture, surtout quand on débute. Mais il est également très difficile, voire délicat de se faire relire. Car c’est une étape où l’auteur débutant reste fragile et influençable. Il faut donc que les critiques soient constructives, bienveillantes et aillent dans le sens de ce que veut dire l’auteur. Ce qui n’est pas toujours facile.

Il existe néanmoins tout un panel de possibilités qui permettent à un auteur de se faire relire :

a) Les proches et les amis

C’est évidemment la manière la plus simple et la plus facile de se faire relire. À condition d’avoir des amis et des proches disponibles et bienveillants.

Malheureusement, à moins d’avoir des proches dans le métier, ce qui est l’idéal ; ces derniers ne connaissent en général pas grand-chose à l’écriture. Les commentaires ne permettent donc pas de rentrer vraiment dans le détail de l’écriture, et demeurent très souvent entachés d’affectivité, positive ou négative. Ils peuvent relever certaines erreurs ou incohérences, mais il faut être très vigilant par rapport à ce genre de commentaires et critiques.

b) Forums d’écriture,

L’objectif premier des forums reste celui de rencontrer d’autres auteurs et d’échanger des trucs et des astuces. Certains proposent des lectures, sous forme d’entraide et d’échanges. Mais compte-tenu de ce qu’une bonne lecture demande de temps et de connaissance, il faut prendre toutes les remarques avec extrêmement de vigilance.

Voici une petite sélection d’une dizaine de forums d’écriture.

c) les ateliers d’écriture

Atelier d'écriture - Image par StartupStock de Pixabay
Atelier d’écriture – Image par StartupStock de Pixabay

Les ateliers d’écriture constituent des groupes d’auteurs animés par des professionnels pour les aider à élaborer, construire et perfectionner leur écriture. Il en existe de plusieurs formes, avec plus ou moins de retours de la part des enseignants ou co-écrivants. L’atelier demeure plus un lieu de formation et d’échange, qu’un lieu de création pure, surtout pour la création d’une œuvre dans la durée comme celle d’un roman.

Voici trouverez une liste sélective d’ateliers d’écriture.

d) Conseils et suivi en écriture

Il existe de nombreux conseils en écriture, dont le travail peut-être soit de former les auteurs, soit de les guider et de les conseiller. Certains peuvent assumer et assurer le suivi d’écriture.

Être lu reste un parcours du combattant aussi difficile que l’écriture elle-même. Et il faut bien en avoir conscience. La bataille pour être lu et se faire la place dans l’édition et pour finir sur la table de nuit ou les liseuses des lecteurs reste un combat difficile. La clé réside dans la persévérance.

Dans quelle phase votre roman se trouve-t-il ? Projet, rédaction, re-travail, recherche d’éditeur, autoédition ? Dites le nous dans les commentaires.

 

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