18 avril 2021

5 erreurs à éviter dans l’écriture de romans

Écrire un roman, relève de diverses motivations, comme nous l’avons vu dans cet article. L’auteur qui se lance dans cette aventure est généralement plein d’enthousiasme. Qu’il soit débutant ou plus aguerri, de nombreux obstacles vont venir se dresser sur sa route pour l’empêcher d’atteindre ses objectifs. Toutes les personnes qui écrivent des romans, savent qu’ils sont les premiers héros de leurs histoires. Non seulement parce qu’ils s’identifient aux personnages qu’ils créent, mais aussi et surtout parce qu’ils doivent affronter leurs propres peurs, leurs propres doutes et leurs propres difficultés. Ils rencontrent de nombreuses épreuves dont ils n’ont pas toujours connaissance au départ. Ceci fait partie de toute initiation et tout apprentissage passe par le fait d’expérimenter soi-même. Pourtant rien n’interdit de connaître à l’avance les épreuves par lesquelles nous allons devoir passer. Car une erreur d’écriture peut vous faire perdre beaucoup de temps. Voici donc les 5 erreurs d’écriture les plus communes dans la rédaction d’un roman.

Erreur d’écriture n°1 : ne pas faire de synopsis,

Tout auteur qui se lance dans l’écriture d’un roman bouillonne d’idées, et piaffe d’impatience de pouvoir se mettre à rédiger. Car l’objectif est de terminer rapidement sa première version. Cet objectif est tout à fait louable. Je suis passé par là, moi aussi.

Et se lancer dans un marathon d’écriture

En soi, c’est tout à fait possible de se lancer dans un marathon d’écriture. D’ailleurs,  l’idée d’écrire un ouvrage dans une durée limitée a été reprise dans le concept de NaNoWriMo, qui propose d’écrire 50 000 mots entre le 1er et le 30 novembre de chaque année. Ce genre de marathon d’écriture permet d’acquérir une certaine aisance. Cet entraînement permet d’écrire sans complexe et sans trop se poser de questions. Et peut très bien aider à se décomplexer de la page blanche. Mais il faut considérer ces marathons d’écriture comme des exercices. Ils n’ont rien d’une méthode.

Car il ne faut pas se leurrer, écrire un roman en un mois tient de la gageure. Comme tout exploit sportif ou intellectuel, cela demande en réalité une grande préparation. Car sans une solide technique d’écriture, ce résultat de ce genre d’exercice pourrait bien ne pas ressembler à grand-chose.

En effet, sans organiser un minimum ses idées, sans faire de plan, il est parfaitement illusoire d’obtenir un résultat satisfaisant. Et on risque d’avoir une suite de scènes sans grande cohérence. Ou bien, on risque de se retrouver tout simplement avec des problèmes narratifs qui vont rendre l’écriture de plus en plus difficile. Jusqu’à aboutir éventuellement à l’impasse complète et au blocage. Il suffit de constater qu’un peu plus de 10 % seulement des participants au NaNoWriMo arrivent sur la ligne d’arrivée et atteignent les 50 000 mots.

Fixer ses objectifs et son plan de route

Avoir un objectif est indispensable dans l’écriture de romans, comme dans la vie. Mais savoir comment atteindre cet objectif est au moins aussi essentiel. Si vous vous rendez d’un point à un autre, il est important d’avoir un itinéraire, ou d’avoir une carte. Comme il n’existe pas d’application de navigation destinée à se retrouver dans le roman que l’on écrit, il est important de se construire un plan dès le départ.

Ce plan que l’on appelle en général synopsis va permettre de savoir où l’on va. Sans rentrer dans le détail, il existe plusieurs synopsis : le synopsis de travail, le synopsis que l’on va livrer à un éditeur, et il existe aussi un synopsis pour le scénario. Celui dont on parle ici est bien le synopsis de travail.

J’aime bien l’appeler canevas, car c’est plus visuel, et cela représente bien ce qu’est le synopsis : une trame sur laquelle on va écrire, et tisser son roman.

Honnêtement, sans cette trame, il va être difficile de raconter son histoire, et cela risque tout simplement de ne pas tenir la route. Et l’on risque de se rendre compte un peu tard que l’enjeu de notre histoire n’est pas suffisamment fort, qu’il manque des scènes, que tel ou tel personnage n’est pas assez caractérisé, que ses objectifs ne sont pas suffisamment définis. Mais s’en rendre compte au milieu de l’écriture est fatigant. Parce que l’on est obligé de s’arrêter au milieu du gué et de revenir en arrière. Parfois de supprimer des scènes complètes, voire d’en réécrire d’autres. Bref, c’est tout simplement une perte de temps et d’énergie qui aurait pu être évitée.

sans rester accroché à cette trame

C’est pourquoi il est indispensable de construire un synopsis. Sachant que ce n’est qu’une trame, qui peut-être modifiée en cours de route. Et qu’il ne faut pas non plus rester trop accroché à cette trame. Mais voire à ne pas trop s’en écarter, de peur de se perdre complètement et de raconter une autre histoire que celle que l’on voulait raconter au départ. De la même manière qu’il est possible de modifier son itinéraire pour visiter une monument remarquable ou faire une pause dans une auberge que l’on n’avait pas prévue, mais qui mérite que l’on s’y arrête.

Erreur d’écriture n°2 = ne pas assez se relire ou se faire relire,

Comme tout cheval fougueux qu’est tout apprenti auteur, il veut rapidement pouvoir envoyer son manuscrit à un éditeur, tellement persuadé de la valeur fabuleuse de toutes les idées qui s’y retrouvent. Et persuadé que le monde entier n’attend qu’une chose c’est que toutes ces vérités soient enfin dévoilées au grand jour, comme s’il était le messie.

Toujours est-il que ce jeune auteur fougueux, n’a qu’une seule hâte, c’est de mettre le mot « FIN » à son roman. Pensant que son travail d’écriture est terminé. Et c’est là que se trouve l’erreur. Car un premier jet n’est en général qu’un brouillon plein de scories, d’erreurs, de maladresses et de points à corriger.

La difficulté, c’est que la fierté qu’il éprouve d’être enfin arrivé au bout de son œuvre l’empêche d’avoir du recul. Il a raison d’éprouver de la reconnaissance pour le travail accompli, car il a pas mal trimé pour en arriver à cette première version. Mais il ne doit pas s’arrêter là. Il doit être absolument persuadé que ce n’est encore que le début de l’histoire de l’écriture de son roman.

Retravailler sa première version

Il va falloir ensuite relire et retravailler cette première version. C’est absolument indispensable.

Mais c’est là aussi que les difficultés commencent. Car si l’auteur effectue la relecture de son œuvre « à chaud », il n’aura pas le recul suffisant pour en voir les défauts. Comme pour la peinture, il faut s’en éloigner un peu pour mieux l’apprécier dans son ensemble.

Deux solutions se présentent alors, qui ne sont pas forcément antinomiques :

Attendre quelques bonnes semaines, voire quelques mois. Et oui, il faut être patient. Mais la maturation d’un roman est un peu comme le bon vin, elle demande du temps.

Demander un avis extérieur. Et là, ce n’est pas toujours facile de trouver quelqu’un qui s’y connaît un peu. Les avis de l’entourage sont de peu d’aide pour améliorer son écriture. Mais il faut aussi quelqu’un en qui l’on peut avoir confiance, qui comprenne notre univers, et ce que l’on veut dire. L’analyse d’un roman et le travail de relecture et d’accompagnement sont extrêmement délicats, mais indispensables à tout auteur.

Pour un auteur édité, c’est en général l’éditeur qui va remplir ce rôle, mais quand on écrit tout seul dans son coin, c’est plus compliqué. Il existe par exemple des forums d’écriture ou des ateliers d’écriture qui permettent de faire ce travail.

Et attention, je parle bien ici de relecture d’écriture, et non de relecture de corrections pour les fautes d’orthographes, typographiques et de grammaire, qui sont encore une autre histoire !

Erreur d’écriture n° 3 = trop vouloir travailler son “style”.

Une fois le point précédent bien compris, il est également très courant d’aller dans l’excès inverse. C’est-à-dire de vouloir trop retravailler le style, mais pas forcément l’histoire et la narration qui sont les points les plus importants. Cela peut occasionner là aussi de grosses pertes de temps. Et on risque de tomber dans l’excès inverse qui est de passer trop de temps en relecture et en corrections.

D’autant plus que si l’on travaille tout seul, il est difficile d’avoir du recul par rapport à ce que l’on fait. Le meilleur moyen est encore une fois de demander un avis extérieur.

 

Erreur d’écriture n°4 = Croire que l’on peut y arriver tout seul

C’est également une des erreurs les plus courantes. Celle de croire que l’on va pouvoir y arriver tout seul, sans apprentissage, sans technique et sans regard extérieur.

– sans technique d’écriture ;

Il est erroné de croire que l’écriture de roman ne s’apprend pas. Comme s’il suffisait de savoir lire et écrire pour écrire des romans. Mais l’écriture de fictions est en réalité très complexe. Or, comme tous les arts, que ce soit la musique, la peinture, la photographie, le cinéma, ces techniques existent. Et il serait donc dommage de ne pas les apprendre. La fiction est basée sur l’identification au personnage, c’est-à-dire sur la dramaturgie, qui a été inventée par les grecs, donc ce n’est pas nouveau.

– sans apprentissage,

Or, ces techniques doivent s’apprendre, mais aussi se maîtriser, et cela demande un apprentissage. Or il n’existe pas réellement d’école d’écriture de romans. Les romanciers et écrivains se forment sur le tas, en lisant, en regardant ce qu’il se fait, en piochant dans des livres et des vidéos ici et là. Mais il n’existe rien de véritablement construit.

– sans regard extérieur

Nous l’avons vu, un regard extérieur s’avère indispensable pour pouvoir améliorer de manière significative un premier, voire une deuxième ou une troisième version. Et ainsi pour pouvoir progresser. C’est la même chose dans tous les arts, nous avons besoin d’un maître, d’un guide, d’un mentor qui nous mette au moins sur la voie pour nous permettre de voler de nos propres ailes. Sinon, nous risquons de perdre beaucoup de temps, voire même d’être découragé et d’arrêter.

Erreur d’écriture n°5 = Penser que son talent va être notre meilleur atout pour se faire publier.

Une dernière erreur est de croire que notre talent, l’originalité de nos idées et la qualité de notre style vont permettre de se faire éditer, voir à se faire lire et à se faire connaître.

Il ne faut pas se leurrer, le talent n’intervient malheureusement que très peu dans les chances d’être lu et édité. C’est un peu triste à dire. Mais c’est comme ça. Beaucoup d’autres facteurs vont rentrer en ligne de compte : votre notoriété, vos relations, votre compte en banque, le temps dont vous disposez, la passion que vous mettez à défendre votre projet. Votre talent et la qualité de votre écriture ne seront éventuellement là que pour contribuer au succès ou non, de votre œuvre.

Voici les 5 erreurs d’écriture les plus courantes qui peuvent vous faire perdre beaucoup de temps avant de vous en rendre compte. Je dois dire que j’ai commis comment tout débutant commis l’erreur d’écriture n°5, et qu’il faut apprendre à faire le deuil des refus systématiques sans se décourager. Et que ce n’est pas toujours facile. J’ai également fait l’erreur n°3 en passant plusieurs mois aux corrections d’un roman. Avec le recul, le gain de qualité ne justifiait pas le temps que j’aurais pu passer à écrire un autre ouvrage. Je crois que nous commettons tous l’erreur n°2 : ne pas assez faire relire. Tout simplement pour des raisons pratiques. Et peut-être qu’aussi, il faut savoir mettre suffisamment sa fierté de côté pour recevoir et écouter les commentaires.

Il existe bien évidemment d’autres erreurs courantes, qui sont parfois des défauts d’écriture liés au manque d’expérience, mais peuvent se corriger plus facilement.

Est-ce que vous vous reconnaissez dans ces erreurs ? Quelle est la plus grosse erreur dans l’écriture de votre roman que vous ayez faites ? Dites-le nous dans les commentaires.

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